Paru en avril 2013 aux éditions du Littéraire, « L’Homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? » de Frédéric Grolleau, met à mal notre société anthropocentriste pour le plus grand bonheur de tous. Au pays des animaux, l’Homme est-il le roi ?

Frédéric Grolleau est né en 1969. Professeur de philosophie, il enseigne depuis 2005 au lycée militaire de Saint-Cyr l’Ecole. En parallèle il a – entre autres, -géré jusqu’en 2011 le site Codo-Philo et s’adonne régulièrement à la critique littéraire au travers du site qu’il dirige (lelitteraire.com). Ce « Pivot du web », comme l’a surnommé le journal Le Monde, a déjà publié de nombreux ouvrages, notamment « Le Cri du Sanglier » en 2004 chez Denoël.

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Dans « L’Homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? », l’auteur mène au travers de dix exercices dissertatifs, une réflexion profonde sur les rapports qui lient – ou pas – l’Homme à l’animal. De prime abord, l’ouvrage étonne de par sa forme. Chaque dissertation débute par une question, une phrase qui – à chaque fois – ouvre sur de nouvelles perspectives de réflexions. Le plan reste visible, avec une introduction, deux ou trois parties et une conclusion suivie par de riches annexes. Ce choix de mise en forme peut sembler étonnant, mais il se révèle vite être très enrichissant. En plus du fond – que nous évoquerons par la suite – l’ouvrage est un véritable manuel de référence en matière d’exemples dissertatifs. On y apprend à structurer notre pensée, en même temps que l’auteur livre les siennes. D’une certaine manière, il s’agit d’un ouvrage pédagogique que chaque étudiant ou non-initié, se doit de lire.

Place au fond maintenant. Ce qui se dégage d’abord du livre, c’est un sentiment de réconciliation d’avec soi-même. Une sorte du petit guide idéal du retour aux sources. Un voyage à la recherche d’une paix intérieure. Frédéric Grolleau parvient à toucher l’Homme au plus profond de lui-même en le mettant devant le fait accompli. Qui sommes-nous ? A mi-chemin entre philosophie, histoire, anthropologie ou encore littérature, cet ouvrage richement documenté reste toujours vif, animé d’une réflexion passionnante. De nombreuses phrases célèbres sont discutées, comme le fameux Homo Homini Lupus (l’Homme est un loup pour l’Homme), où l’auteur parvient à se défaire d’un anthropocentrisme pesant afin d’avoir une vue d’ensemble, au plus proche de la « nature ». Frédéric Grolleau illustre intelligemment ses dissertations par de nombreux exemples empruntés à des philosophes comme Condillac, Michel Onfray ou à des anthropologues comme Claude Lévi-Strauss. C’est ce va-et-vient permanent entre les époques et les civilisations, qui donne à cet ouvrage son caractère philosophique universel.

Mais qu’en est-il de l’Homme ? Serait-ce la fin de son pouvoir absolu sur toutes les autres espèces vivantes ? Frédéric Grolleau ouvre de nouvelles voies de réflexions, qui poussent l’humanité à mieux s’interroger sur elle-même et à faire le point. Le rapport que l’Homme entretient avec l’animal est-il réellement « juste » ? C’est peut-être lorsque, grâce à la science, l’on apprendra que l’animal ressent, que l’humanité toute entière prouvera à nouveau sa barbarie. Un ouvrage fort philosophique, qui est plus que jamais d’actualité. Se repenser avant toute chose, telle pourrait être la conclusion…

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